Vague de candidatures pour intégrer les Sapeurs Pompiers Volontaires


Il y a des signaux qui ne trompent pas. Depuis une quinzaine de jours, les candidatures pour devenir sapeur-pompier volontaire explosent en Haute-Garonne : 180 dossiers déposés (source C-News), soit le double par rapport à la même période l'an dernier. Dans le sillage direct des incendies qui ont marqué l'été, des gens se sont dit qu'il était temps d'arrêter de regarder et de faire quelque chose. « Plutôt que de réfléchir, il faut agir », résumait l'un d'eux devant une caserne de la banlieue toulousaine. Difficile de mieux dire ce qui se joue en ce moment dans la tête de pas mal de monde. Et ce n'est pas un détail statistique. En France, les volontaires assurent près de 80 % des effectifs de secours. Sans eux, pas de caserne ouverte la nuit dans les petits centres, pas de départ en intervention un dimanche après-midi. Le modèle tient sur du bénévolat citoyen, et ce bénévolat repose de manière disproportionnée sur les territoires ruraux, là où il n'y a justement pas de caserne professionnelle à proximité.

Le SDIS 31

C'est précisément notre cas, ici, en Comminges. Le SDIS 31 compte un centre de secours à Saint-Gaudens, mais l'essentiel de la couverture du territoire rural, entre Martres-Tolosane et le piémont pyrénéen, dépend de volontaires qui vivent et travaillent sur place. La règle est simple sur le papier : pouvoir rejoindre sa caserne en huit minutes, treize dans les centres les plus en tension. En zone urbaine, cette contrainte se résout d'elle-même par la densité. Ici, elle élimine d'office une bonne partie des candidats potentiels, et pèse chaque année un peu plus sur ceux qui restent.

Alors cette vague de candidatures partout en France, c'est une bonne nouvelle. Mais elle ne doit pas masquer le fond du problème : on ne construit pas une politique de sécurité civile sur des pics d'émotion collective après chaque saison de feux. Le volontariat marche par à-coups, alors que le climat, lui, ne fait que dérégler durablement la donne. Plus de sécheresse, plus de canicules, plus de risque incendie même sur des massifs qui n'y étaient historiquement pas exposés : la sollicitation des centres de secours ruraux ne va pas retomber une fois l'été terminé.

A partir de 16 ans

Si l'envie vous démange en lisant ça, sachez que ça ne demande ni diplôme ni expérience préalable : juste habiter près d'un centre, être motivé, et accepter de donner de son temps de garde ou d'astreinte à côté du reste. Le premier pas, c'est simplement d'aller pousser la porte de la caserne la plus proche pour en parler avec le chef de centre. Ça vaut peut-être plus qu'un énième commentaire outré sous un article de presse.

Bertrand

Ancien directeur de structures d'action sociale (MJC, centres sociaux, services jeunesse et démocratie participative, secteur médico-social), influencé par Alinsky et Bourdieu, j'ai passé ma carrière à travailler l'implication citoyenne et les inégalités territoriales. Installé dans le Comminges, je pose aujourd'hui ce regard de terrain sur la transition climatique en milieu rural : comment nos territoires s'adaptent, résistent, ou tardent à bouger.

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne