Le PNR Comminges Barousse Pyrénées est né : où en est-on ?
C'est officiel : le Parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées existe. Le décret n° 2026-606, signé par le Premier ministre et publié le 9 juillet 2026, est entré en vigueur le 10 juillet. Notre territoire compte désormais son propre PNR, le 60ᵉ de France et le 9ᵉ d'Occitanie.
Les étapes passées : fin des années 1990 : les premières réflexions naissent parmi des élus locaux et des passionnés du Comminges. 2015-2019 : une étude de faisabilité de quatre ans met en lumière les richesses patrimoniales, paysagères et humaines du territoire, et obtient un avis d'opportunité favorable de la Région Occitanie et du Ministère de la Transition écologique. 2021-2022 : rédaction de la charte du Parc, feuille de route pour les quinze prochaines années. Mars-avril 2025 : enquête publique sur le projet de charte, déployée sur les 195 communes du périmètre. Fin 2025-début 2026 : phase de délibérations dans les communes, les cinq intercommunalités, les deux départements (Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées) et la Région. Et enfin, 9-10 juillet 2026 : décret de classement et entrée en vigueur officielle du PNR.
Au fil du processus, le périmètre a bougé : la partie nord, initialement calée sur le Pays Comminges Pyrénées (217 communes), a été resserrée sur les coteaux gascons et « évidée » des communes de la plaine de Saint-Gaudens, tandis que la vallée de la Barousse (27 communes) a été intégrée. Résultat final : 195 communes, environ 1 700 km² et près de 48 500 habitants, à cheval sur la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées. Saint-Gaudens et Montréjeau restent en dehors du périmètre.
Les étapes à venir du PNR
Création du syndicat mixte : un syndicat mixte ouvert « à la carte » doit être mis en place en 2026. Il portera la mise en œuvre de la charte et intégrera le PETR Pays Comminges Pyrénées dès 2026, puis le syndicat mixte Garonne Amont en 2028 (avec une fusion pour la compétence Gemapi sur le bassin Garonne amont).
Mise en œuvre de la charte 2026-2041 : la feuille de route de quinze ans entre concrètement en application, avec un plan de financement sur les trois premières années à annexer aux statuts.
Structuration de la gouvernance : la Région Occitanie, présidée par Carole Delga, siège au syndicat mixte aux côtés des départements et des intercommunalités, et doit accompagner financièrement le fonctionnement du Parc et ses projets.
Déploiement opérationnel : selon les intentions affichées, le label doit servir à renforcer l'accompagnement des projets locaux, favoriser les coopérations entre collectivités et mobiliser des financements pour les transitions environnementales.
Un point de vigilance démocratique
Le classement institutionnel est acquis, mais la vraie question reste devant nous : quelle place réelle sera laissée aux habitants et aux communes rurales dans la gouvernance du syndicat mixte ? Autre point notable : le cœur urbain de Saint-Gaudens et de Montréjeau reste hors périmètre, alors que leurs communes limitrophes (Valentine, Labroquère, Miramont-de-Comminges...) y sont intégrées. Comment le Parc composera-t-il avec ces deux pôles urbains qui structurent pourtant la vie quotidienne d'une bonne partie du territoire classé ? Le classement ouvre un chantier, il ne le referme pas.
